3 clichés sur le rugby à combattre

ballon rugby sale

Forme dégénérescente de football inventée pour permettre aux enfants aux pieds carrés de ne pas être définitivement bannis de la cour de récré à coup de gros calots, cette activité marginale est devenue une véritable mode qui semble avoir totalement oublié sa vocation de réintégration sociale pour mieux prétendre au statut de sport étalon.

On peut comprendre aisément la nécessité pour des peuplades aussi primitives que celles du Royaume britannique d’ériger le rugby en sport national… il suffit de regarder leur façon bien à eux de pratiquer le soccer.

On peut, à la rigueur, accepter que cette déviance en vienne à conquérir certaines régions hexagonales, qui voient dans le cassoulet le summum de la finesse culinaire. Mais de là à venir bousculer nos programmes télévisés nationaux, en vue de créer un évènement familial rassemblant père, mère et enfants, oubliant effrontément la nature foncièrement excluante du football… je dis non!

Voici donc 3 clichés sur le rugby qui commencent à me courir sur le haricot (blanc forcément); autant de stéréotypes qui perdraient de leur saveur si on ne les énonçait fièrement, avé l’accent du Sud-Ouest.

Le rugby est un sport

Au vu des nombreuses périphrases utilisées jusqu’ici pour ne pas qualifier le rugby de sport, vous aurez sans doute déjà compris que l’affirmation selon laquelle le rugby serait un sport relève pour moi davantage de la vague rumeur persistante plutôt que de l’évidence première.

Ce combat de boue insensé ne peut avoir été inventé qu’à l’occasion d’un ancestral épisode britannique d’Intervilles. Au milieu de ces divertissements plus absurdes les uns que les autres, celui-ci à dû retenir l’attention de quelques ahuris influents pour perdurer et obtenir une canonisation sportive bien officieuse…

Comment une activité physique absurde devient-elle sport? Un mystère aussi difficilement compréhensible que le passage d’une secte au rang de religion…

laporte intelligent

Que les règles d’un sport soient assez aléatoires à sa naissance; passe encore. Mais qu’après un siècle et demi d’existence, pas un rugbyman n’ait été capable de mûrir ces règles provisoires, tel un simple locataire incapable de changer les douilles électriques de chantier laissées par un propriétaire Harpagon, voilà qui m’attrise profondément.

Un sport se doit d’avoir un règlement clair et limpide Tu gagnes le 100 mètres quand tu cours le 100 mètres plus vite que tes adversaires. Ca c’est un sport.

Au rugby, le même coup de pied passé entre des poteaux dessinés par l’équipe marketing de la marque de bière sponsorisant la H Cup (je regrette au passage que Kronenbourg, Leffe ou Carlsberg n’ait pas remporté le contrat; au moins on aurait rigolé un peu); ce même coup de pied, disais-je avant d’être impoliment coupé par moi-même, vaut deux points quand il est réalisé dans le cours du jeu versus 3 points accompli sur action arrêtée. La négation même de la méritocratie qu’est censée promouvoir notre République.

 

Evidemment vous allez me dire:

Et la règle du hors jeu au football, bougre de couillon? Cette règle n’est-elle pas la quintessence du mystère ?…

Mais, cher malotru, cette règle a justement été inventée en vue d’exclure les femmes de ce sport. Tel un secret de druides, la loi 11 des règles du football, se transmet d’hommes en hommes loin des salons de coiffure, des instituts de beauté, des hammams et autres lieux d’échange de la culture féminine.

Le sens caché des lois du rugby ne relève malheureusement pas de telles raisons supérieures. Elles sont en soi incompréhensibles. Et c’est cet halo de mystère, cette certitude que leur homme non plus n’entend rien au monde de l’ovalie qui attire la gent féminine.

Je ne suis pas suffisamment misogyne pour penser que certaines femmes préfèrent le rugby parce qu’elles préfèrent le physique irréprochable d’un Christian Califano à celui, gringalet, d’un Yohann Gourcuff. Je pense plutôt – et cela relève davantage d’une affirmation cartésiano-disneyesque que d’une croyance zemmourienne, si tant est qu’il y ait la moindre différence entre ces deux épithètes – que ce sport cultive leur attirance originelle pour l’irrationnel; perversion qui justifie, outre le succès des magazines féminins, l’existence de la sainte trinité stylistique Karl Lagarfeld – Paco Rabanne – John Galliano.

Le rugby est un sport populaire

Je ne reviendrai pas sur l’expression de « sport », l’essentiel a été dit. Donc le rugby serait populaire… Un sport qui intéresse tout au plus une quinzaine de pays WASP dans le monde serait populaire. Voilà une vision intéressante du peuple.

Au moins, le rugby a la qualité d’intéresser un public CSP++ très bankable pour de nombreuses marques. Faites l’étude sociologique du public d’un stade de rugby et vous y retrouverez une proportion déraisonnable de professions libérales (médecins, avocats, notaires, etc.), de consultants et autres ingénieurs informatiques. Bref la masse inculte de soldats qui compose le monde capitalo-financiariste d’aujourd’hui et qui aime à s’inventer une culture faite de bottés en touche, de molls effondrés et de pénétrations fulgurantes.

On aime à se moquer de l’Italie qui récolte chaque année, avec une régularité qui force la raillerie, la fameuse cuillère de bois du tournoi des VI Nations. C’est pourtant tout à l’honneur de cette culture aussi ancestrale que raffinée de ne pas s’abaisser à briller dans une activité dont la rusticité n’a rien à envier aux pires jeux de force bretonne.

 

Alors forcément, quand on entend parler un rugbyman il a souvent l’air moins con qu’un footballeur (encore que vous ne me ferez pas croire que Ribéry n’a pas fait un peu de rugby dans sa jeunesse…).

Mais c’est somme toute assez logique qu’un rugbyman soit plutôt plus cultivé qu’un footeux… il a dû faire des études, lui. Il n’a pas, à 18 ans, le salaire suffisant à l’entretien de deux entrepôts de coke et un harem de putes, lui… Mais cela ne signifie pas pour autant que le public du rugby soit plus intelligent que le public du foot. Quant aux joueurs, attendez de voir la deuxième génération de rugbymen professionnels, celle qui aura toujours connu le fric facile…

Je préfère mettre mes fils au rugby

haka égorgéAutant j’étais assez réservé quant à la légitimité des deux clichés précédents. Autant celui-ci me semble plutôt louable.

Si vous souhaitez que votre fils finisse par devenir, comme tant de rugbymen, un tueur sanguinaire, mi-convaincu qu’on peut en toutes circonstances se taper dessus avant d’aller boire une bonne bière, mi-abruti par une boîte cranienne ayant accumulé des micro-lésions à nul autre pareil (les chocs étant beaucoup moins répétitifs en boxe; et les footballeurs américains ayant au moins le résidu de lucidité nécessaire au port du casque et au déclenchement d’actions judiciaires à l’encontre de leur Ligue). Bref si vous souhaitez diminuer son espérance de vie et celle de ses proches, cette idée est excellente.

Dans la chaude ambiance des vestiaires ou lors de 3èmes mi-temps à l’ambiance bon enfant, il pourra ainsi développer son sens de la vulgarité, de la violence et de l’homophobie.

Et puis quand on va au stade, l’ambiance est bon enfant au moins.

C’est sûr que le public rugbyesque a plutôt l’alcool fraternel. Le rugby vous permettra donc de donner une image positive de l’alcool à vos enfants; accompagnez-le au Stade Mayol. Je vous conseille ensuite d’amener votre progéniture faire la tournée des férias du Sud Ouest, d’aller à un spectacle de tauromachie et de finir par les encierros de Pampelune. Il aura ainsi une formation complète pour devenir un homme bien.

D’ailleurs, vous êtes sans doute moins misogyne que moi cher ami des stéréotypes… pourquoi ne mettriez-vous pas vos filles au rugby, histoire qu’elles bénéficient elles aussi des enseignements de cette culture inimitable?

Quoi? Vous préférez que vos filles fassent du tennis, du volley, voire même du foot? C’est moins violent et moins vulgaire? C’est vous qui voyez…

 

Vivement la Coupe du Monde en septembre; Jean-Pierre Pernault va bien nous faire profiter de tous ces jolis clichés qui sentent bon la France des Eglises et des chemins creux…

 

2 Comments

  1. numéro 6 dit :

    frustré..

  2. Olivier dit :

    Pouvais-je attendre autre chose qu’une attaque ad hominem et qu’une absence totalement d’humour de la part d’un 3ème ligne?
    Il faut croire que les footeux ont plus l’habitude de se faire vanner ;)

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