SoLoMo : un concept salami ?

salami

Ma mamie m’a toujours dit : le salami c’est bon mais ça reste sur les hanches (sur le bide pour moi en l’occurrence).

Bah tu vois, mamie, j’ai parfois l’impression qu’il en va de même pour le SoLoMo.

Quoi ? Tu connais pas le SoLoMo, mamie ? Bon va falloir que je te briefe vite fait si tu ne veux pas me faire honte dans les couloirs de LeWeb11 (non mamie, ce n’est pas une faute de Français ; c’est comme ça kidize).

T’as un compte Facebook ? T’as un compte Foursquare ? T’as un iPhone ? Et bien sache que quand tu badges dans ton salon de thé avec ton iPhone et que tu partages l’info sur ton wall pour faire baver d’envie tes copines en maison de retraite, tu solomose ! Tu fais du Social, du Local et du Mobile.

T’es une consommatrice très 2.0 et ça, ça plaît énormément aux marketeux 2.0 !

Mon point de vue de vieux con

solomo

A tes yeux de mamie aimante et protectrice, je serai toujours un jeune con. Mais sache que maintenant que la génération tecktonik a pris la place de la génération pokémon dans les agences digitales, je suis devenu un vieux con.

Pour moi, le SoLoMo est synonyme de flicage extrême. Je n’ai aucune envie qu’une marque, que des inconnus ou même que mes proches sachent tout de mon réseau social (Social), de mes lieux favoris (Local) et des usages de mon mobile (Débile il faudrait que vous soyez pour ne pas comprendre à quelle brique du SoLoMo je fais ici allusion;))

Je n’arrive tout simplement pas à comprendre pourquoi les problèmes de vie privée (privacy kidize) semblent aujourd’hui concerner si peu de (jeunes) consommateurs. J’ai l’impression qu’on est en train de construire 1984, que des sociétés comme Apple ou Google collectent un nombre de données hallucinantes sur notre vie privée… et que ça semble plutôt faire plaisir à tout le monde.

Aujourd’hui, quand on regarde Faites entrer l’accusé et qu’on voit un criminel allumer une borne mobile à proximité de son méfait, on a tendance à le traiter d’abruti.

Je me demande si le Christophe Hondelatte de demain (rassure-toi lecteur, j’ai bien connaissance de l’antinomie existentielle qui habite ce concept) ne nous racontera pas l’histoire de Pierrot le Ouf se checkant au Leroy Merlin dans lequel a été achetée la tronçonneuse du crime et demandant à ses followers sur Twitter quelle pelle acheter pour creuser un trou de 2 mètres sur 1 mètre dans son jardin. Tout ça, « envoyé depuis mon iPhone ».

Bah désolé, moi je suis de la vieille école. De celle de Brassens qui aimait bien joindre au téléphone ses amis à toutes heures du jour ou de la nuit… mais qui ne sortait son téléphone du placard que quand il avait besoin d’appeler.

Peut-être d’une génération qui n’a pas été élevée au biberon de la télé-réalité et qui n’a pas un besoin impérieux de dire à la Terre entière ce qu’elle est en train de faire. J’ai la naïveté de penser que ma vie n’intéresse pas tout le monde (je sais c’est très con comme idée).

Mon point de vue de jeune con marketeux

Bon évidemment, j’ai une vie digitale, un métier dans le marketing et donc je ne peux pas me contenter d’en rester à ce point de vue désillusionné. Ce serait prendre le risque de se faire dépasser par un Kévin.

Donc si on intègre le fait que les consommateurs acceptent et accepteront de plus en plus de partager toutes les informations nécessaires à un profilage marketing précis… pourquoi fermer les yeux sur ce phénomène et pourquoi ne pas l’exploiter ?

mobile social marketingPourquoi pas, même, le favoriser ? Le consommateur veut des outils de plus en plus simples pour échanger avec leurs proches et leur voisinage depuis leur mobile ? Donnons-leur ces outils, quitte à leur demander de nous donner toujours plus d’informations intimes.

Donne moi la liste de toutes tes conquêtes et je te proposerai une appli Facebook super sympa qui permettra à tes amis de les noter depuis leur mobile et de voir celle se trouvant dans le bar le plus proche. Paradisiaque, non ?

Le consommateur n’est pas totalement abruti. Il n’accepte pas seulement les conditions surréalistes d’Apple parce qu’elles sont écrites toutes petites et qu’il doit les accepter dès l’achat de son terminal, dans l’extase anesthésiante de la première fois… Il les accepte aussi et surtout parce qu’elles sont la promesse d’une expérience digitale fluide. « Apple, Facebook, Google, je vends mon âme au diable, je vous donne accès à toutes mes données privées à condition que vous ne me fassiez plus jamais chier à me demander des infos. Quand je lance Deezer je veux que vous me disiez ce qu’écoutent mes amis en ce moment sans avoir à valider une énième CGV ou autre clause superfétatoire »

Non, il n’est pas totalement abruti. Il est juste inconscient et souffre de n’avoir pas lu suffisamment de contre-utopies. Mais est-ce le travail du marketing de faire une éducation qui relève du pouvoir politique ?

Bref, mamie, le SoLoMo c’est bon pour mon métier de marketeux… mais ça reste sur la conscience quand même…

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