Sus à la production de contenus!

production

Ca fait un moment que ce blog n’est plus actualisé. Il faut dire que différents évènements personnels m’ont éloigné de l’écriture et je ne voulais pas produire du contenu pour produire du contenu.

« Produire du contenu », les webmasters n’ont que ce mot à la bouche.

The holy economic war

google pandaEn ne cessant d’améliorer les performances de ses algorithmes de référencement naturel, Google a acculé les gestionnaires de sites web à une impasse : il leur faut produire du contenu.

Fini les échanges de liens bidons et autres fermes de liens, désormais il faut obligatoirement du contenu frais, différent, régulier pour faire monter votre site Internet dans les résultats de recherche Google (donc pour le rendre visible).

Obliger les vils sites commerciaux à produire du contenu original et différent ? Quel merveilleux effet secondaire de la politique commerciale de la firme de Mountain View !

Oui mais voilà… Il n’est pas dans l’ADN des sites commerciaux de produire du contenu original et différent. Donc ils produisent de la paraphrase, du faussément différent/polémique, du consensuel… du lol cat.

Même les blogs les plus différents, ceux qui ont un vrai point de vue, ceux qui rendaient la production de contenu web si intéressante, sont obligés – pour ne pas mourir dans cette guerre du référencement – de créer plus d’articles, d’embaucher plus de rédacteurs… de privilégier la quantité sur la qualité. Il faut produire du mot.

Quitte à noyer un peu plus le lecteur dans un flot d’informations inutiles et non analysées… Quitte à transformer la vaste cohorte des étudiants en Lettres en stagiaires ou -pour les plus chanceux d’entre eux – en pigistes auto-entrepreneurs.

« Là où croit le péril… »

Mais, comme le disait si joliment Hölderlin « Là où croit le péril croit aussi ce qui sauve »… Le web apporte ces derniers temps une réponse à cette hypotrophie du web : la curation. Face à l’émergence de contenus de plus en plus nombreux et plats, apparaît la nécessité de les hiérarchiser et de mettre en valeur les plus pertinents d’entre eux. On en vient même à élaborer des programmes tels que Summly qui cherchent à automatiser la condensation de contenus (en l’occurrence résumer toutes les pages web en 400 caractères).

J’ai parfois l’impression qu’Internet est devenu un vaste labyrinthe où l’on cherche à confondre les frontières entre contenus produits à but commercial et contenus originaux. Et on nous propose aujourd’hui de trouver de nouvelles boussoles pour nous aider à nous y retrouver…

Il y a quelques années, on savait en un clin d’œil quand on arrivait sur un article bidon ou sur un billet qui sort de l’ordinaire. Le plus simple ne serait-il pas de revenir à cette ère de la création de contenus ?

Mais pour cela, il faudrait que les algorithmes de Google réussissent à faire la part des choses entre un contenu créé et un contenu produit. Et au final, le plus inquiétant ne serait-il pas que le principal acteur du web parvienne à créer un modèle mathématique de détection automatique de la création ?

 

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